L’Affaire du trompinoptère d’Eddie Campbell 26 octobre 2011
Posted by memoire2silence in masse critique babelio.Tags: alec, éditions ça et là, eddie campbell, jean paul jennequin
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Vous ne connaissez pas Eddie Campbell ?
Et pourtant si… vous avez trés certainement déjà dû entendre parler de lui… Ecoutons Wikipédia : “Eddie Campbell (né le 10 août 1955 en Écosse) est un dessinateur de bande dessinée résidant en Australie. Propulsé sur le devant de la scène par From Hell, réalisé avec Alan Moore, Campbell est aussi le créateur d’Alec, une des premières bandes dessinées autobiographiques.”
L’Affaire du Trompinoptère (2002, traduit en 2011), sujet de ce billet, est le tome 4 de ce travail introspectif (ALEC) d’un dessinateur qui mêle fiction, vie et parcours – difficile - pour devenir un auteur de bande dessinée. ALEC Mc Garry , son double dans les trois premiers tomes laisse la place à EDDIE dans ce quatrième opus. Les éditions çà et là ont eu l’heureuse initiative de nous offrir ces quatre joyaux : la bande du King Canute (2000), Graffiti Kitchen, Comment devenir un artiste et cette affaire qui nous occupe aujourd’hui. Quatre tomes traduits et très bien introduits par un spécialiste de la bande dessinée américaine : Jean-Paul Jennequin. “Dans Alec, tout est vrai. Ou presque. Ce qui n’avait rien de courant quand les récits courts d’Eddie Campbell commencèrent à paraître [en revue] au début des années 1980. Mais pensez-vous que le monde a vu en leur auteur l’inventeur d’un nouveau genre, l’autobiographie en bande dessinée ? Pas plus que lorsque Harvey Pekar avait lançé son American Splendor [d'ailleurs publié par les éditions ça et là, merci à eux] de l’autre côté de l’Atlantique en 1976.”
Pour son style de dessin, pas besoin de grand discours ici, mais ce lien qui montrera un extrait chez son éditeur français. Un trait vif, une multitude de traits et de la… suggestion. Pas besoin de tout dessiner, pas besoin de tout décrire, et laisser des blancs. Un dessinateur est celui qui se pose constamment les questions suivantes : que choisir ? que supprimer ? Comment mettre chaque image en ordre… Un dessinateur est un arbitre au service du sens et de la beauté : qui, toujours, forcément, font alliance. On est souvent conquis par certaines planches ou certaines cases.
Il y a entre le premier tome et le dernier publié, bien entendu, une évolution du mode graphique : de moins en moins de cases et de plus en plus de liberté dans la mise en page mais l’esprit, ce style narratif employé, reste le même, un fil conducteur agréable : des scènes qui racontent avec un style corrosif parfois, entre fiction et réalité, les doutes et espoirs de l’auteur. A n’en pas douter, on est là devant une oeuvre majeure qu’il est grand temps de découvrir et de mettre au premier plan.
Dans le premier tome et sa préface, Eddie Campbell était ravi de la publication de ses ouvrages en français, rappelant sa francophilie de Guillaume de Machaut jusqu’à François Truffaut et le fait que beaucoup d’autres auteurs, depuis, étaient parvenus aux mêmes conclusions sur le potentiel d’expression de la bande dessinée. Chez certains libraires, on aperçoit encore le rayon “Roman graphique” ou “éditeurs indépendants” tandis que le reste des étagères est noyé sous les flux jamais ne cessant des offices de toute cette bande dessinée illisible et surproduite, qui néglige dessin et sens. La bande dessinée est parvenue à l’âge adulte dorénavant et des auteurs sont là. Faisons-leur la place plutôt que de défendre tous ces produits manufacturés et sans saveur… produits qui nous empêchent de voir… Saluons donc le travail d’un éditeur comme çà et là qui fait son… travail.
A vous de lire… vous souhaitant même plaisir de lecture que le mien…
[L'Affaire du Trompinotptère = after the Snooter / Eddie Campbell ; traduit de l'anglais par Jean-Paul Jennequin. - Editions çà et là, 2011. ]
Ce livre est commenté (avec beaucoup de retard, pardon !) dans le cadre de l’opération Masse critique du site Babelio, réseau social littéraire. Je remercie Babelio et les éditions ça et là pour l’envoi gracieux et la découverte de cette oeuvre puis des trois autres achetés dans la foulée, le tout bientôt disponible au prêt pour les lecteurs de la Médiathèque Terres et Mer (Saint-Raphaël et Pays de Fayence) où j’ai la joie de m’occuper de bande dessinée…
Franck Queyraud


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